Sunday, July 12, 2020

Le carnaval caraïbéen ou "west indies" date du début du siècle dernier. Il se déroulait à l'époque à Harlem où vivait une importante communauté venue des îles. Dans les années 60, il a été déplacé dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn. Les festivités débutent dans la nuit qui précède Labor Day par le défilé de J'Ouvert. Jusqu'au levé du soleil, jamaïcains, haïtiens, barbadiens, guyanais, trinadadiens, grenadiens, saint-luciens, beliziens etc.. défilent ensembles, arborant le drapeau de leur pays d'origine. Dans une sorte de transe, les corps, couverts d'huile de moteur, de talc et de sueur, se mélangent aux rythmes des tambours.

On connait surtout Saint-Jacques, le quartier gitan de Perpignan, pour son insalubrité, son taux record d’illettrisme, d’obésité et de consanguinité. On sait aussi que la drogue à complètement gangréné le quartier entrainant des vives tensions entre gitans et maghrébins. A tel point qu’en 2005, des affrontements entre les deux communautés se sont terminées en véritable bataille rangée dans les ruelles du quartier. Quand on fouille un peu, on réalise que les politiques et les promoteurs immobiliers, sont prêts à tous les subterfuges pour forcer ces habitants gênants à quitter le quartier qu’ils occupent pourtant depuis des générations. Mais pour moi, Saint-Jacques c’est d’abord un quartier vivant et accueillant. Je l’ai découvert il y a quelques années, quand, de passage à Perpignan, une amie m’a proposé de le traverser à pied. La première chose qui m’a marqué, c’est l’absence totale d’éclairage publique. Les fenêtres allumées permettaient de distinguer que le quartier était encore animé malgré l’heure tardive. Toutes les générations étaient représentées ; Des plus vieux, assis, immobiles sur leur chaise, aux bébés allongés dans leur poussettes. Sur les trottoirs trop petits, à coté de chaque porte, une grille de barbecue, encore fumante avait noirci les murs de suie. En quelques minutes, j’avais quitté la France, l’Europe, notre époque. Cette impression “d’ailleurs“ était renforcée par le fait que je ne comprenais pas un mot car les gitans de Perpignan parlent catalan. On dit ici que chaque ruelle mène à la Place du Puig (qu’on prononce puich’). Véritable noyau du quartier gitan, la place est une sorte de parking gratuit, entourée de quelques bancs, d’un vague troquet et d’une épicerie tenue par un maghrébin. Je me souviens d’y avoir vu ce soir-là, une jeune fille d’à peine 13 ans, vêtue d’une robe de princesse, conduire un quad à vive allure avec son petit frère assis devant. Je me suis dit : Je reviendrai faire des photos ici ! Depuis 4 ans, j’y retourne chaque année, accompagné d’un jeune du quartier avec qui j’ai particulièrement sympathisé. Et c’est dans une bonne ambiance que nous distribuons ensemble les photos prises la fois précédente. La semaine dernière, à Perpignan.

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